Aventures extrêmes à la frontière …
Je trouvais ça drôle de mettre un titre comme ça … ça fait un peu titre de film de Steven Seagull (ups, Seagal) ou de Jean-Claude Vandam. Mais bon, en fait, mes aventures n’avaient rien d’extrêmes, bien que, intéressantes. Je vous raconte le récit de ma courte expédition forcée au Guatemala …
20h55, Oaxaca
Mon billet en poche, j’arrive à la centrale d’autobus, passe les barrières de sécurité ridicules et je monte à bord de l’autobus qui m’emmènera à Tapachula. 5 minutes plus tard, le bus quitte la station. J’ai avec moi un petit sac à dos contenant quelques vêtements, mon ordinateur, une bouteille d’eau, un canif (raison pour laquelle je disais que les barrières de sécurité, détecteurs d’armes et agents incompétents sont ridicules), mon passeport et ma carte de touriste; ces deux derniers éléments étant indispensables pour ma quête de renouvellement de carte de touriste. En fait, une personne détentrice d’un passeport canadien peut normalement rester un maximum de 180 jours consécutifs au Mexique. Ces 180 jours, dans mon cas, allait se terminer le 11 octobre, puisque la dernière fois que j’avais atteint la limite en mars dernier, j’avais fait un petit voyage à Cuba.
Cette fois-ci, mon plan était de simplement traverser la frontière du Guatemala, rester le moins longtemps possible et revenir à Oaxaca. Le hic, c’est que la frontière du Guatemala, elle se trouve à 11h d’autobus (en première classe) de la ville de Oaxaca. En fait, si on calcule le transport supplémentaire pour se rendre de Tapachula à Talisman, village réellement situé à la frontière, c’est un trajet de 12h.
Bref, revenons à mon départ de Oaxaca. Je suis assis confortablement dans cette autobus qui se rendra, pratiquement sans escale, à Tapachula. Aussitôt parti de la station, les écrans LCD se déplient et un film commence : comme d’habitude, c’est un film américain doublé en espagnol … ridicule. L’avantage de ce bus de première classe c’est que l’on est pas forcé d’écouter le film, puisque chaque personne est doté d’écouteurs. Je décide donc d’essayer d’utiliser mon laptop, mais l’espace est insuffisant pour pouvoir m’en servir confortablement. Je range tout, et je décide de dormir.
11h de sommeil plus au moins intérrompues plus tard, j’arrive à Tapachula, il est 8h du matin, tout est tranquille dans la ville. À la sortie de la station, une asiatique désespéré semble m’attendre et me demande où je vais, dans un espanglishasiatique de mauvaise qualité. Les chauffeurs de taxis, un peu déséspérés eux aussi essayent de savoir où elle veut aller également. Elle me pose quelques questions, elle me montre son guide, en je-ne-sais-trop quelle langue, en me pointant quelque chose que je n’arrive pas vraiment à comprendre. Finalement, je lui dit qu’on ne s’en va pas vraiment au même endroit et que je vais monter dans le mini-bus qui arrive, elle me fait un sourire du genre « ah, je n’ai rien compris, j’espère que ce n’était pas important ce que tu as dit» . Le minibus menant à Talisman arrive, je salue les chauffeurs de taxis, je souhaite bonne chance à l’asiatique et j’embarque dans le min-bus. Alors que le mini-bus s’éloigne, je regarde à l’arrière et je vois l’asiatique, désamparée, sur le bord du trottoir avec ses valises. Je me sens mal pendant un court moment de l’avoir abandonné, pauvre petite. Quelques secondes après, je le prend sur un ton plus comique … et je m’imagine les drôles de conversations insensé et vide de contenu qu’elle a dû avoir avec les chauffeurs de taxi.
Un peu plus d’une demi-heure et mille et un détour plus tard, nous arrivons à Talisman. Pendant le trajet, ce mini-bus pour 8 personnes a vu plusieurs passagers monté et descendre; à son apogé, il a contenu 23 personnes, hommes, femmes et enfants. Je descend du mini-bus et je marche jusqu’au pont-frontière de Talisman. En chemin, je m’arrête pour manger un peu, changer quelques Pesos mexicains en Quetzales guatemaltèques. La première fois, je me fais arnaqué d’environ 5 quetzales … sur 110. La deuxième fois, je fais le calcul et j’explique au changeur qu’il me manque 15 quetzales, il sort sa calculatrice, me regarde avec un air déçu et me donne mes 15 quetzales (environ 3$CDN) supplémentaires.
Je m’arrête à la douane mexicaine, l’agent étampe mon passeport. Une trentaine de pas plus tard, je répéte l’opération du coté guatémaltèque. Après avoir passé la douane, je commence à penser et j’entame un long voyage dans ma tête. Le soleil de plomb et le climat humide m’importe peu, je marche, simplement. J’entends des gens me crier taxi et cambio(change) ce à quoi je répond par un no gracias sans même le penser.
Je marche, la route monte, personne ne semble marcher sur cette portion de la route, les gens qui passent en voiture me regarde d’un air étrange. Au sommet, j’arrive à ce qui ressemble à la campagne d’un petit village. Mes idées prennent tranquillement forme, je réalise que je ne pourrai pas simplement passer la journée à marcher vers l’inconnu, je dois établir quelque chose qui ressemblera à un plan. Je m’approche alors d’un monsieur qui attend à l’extérieur de sa maison et je lui demande simplement, « Qu’est- ce que je peux voir au Guatemala, en très peu de temps?» . Ce à quoi il me répond en mentionnant plein d’endroit que je ne connais pas : San Marcos, Xela, Quetzaltenango, Huehuetenango, etc. Je décide que Quetzaltenango sonne cool et je demande un peu plus d’informations au monsieur. Devant mon air de gars un peu perdu, il me dit gentiment qu’il va justement au village et qu’il va m’accompagner jusqu’à la centrale d’autobus de Malatacan, le village dans lequel nous nous trouvons à ce moment même et dont j’ignorais le nom.
Au départ, nous sommes seulement les deux et le chauffeur dans le taxi collectif. Chaque fois que le taxi s’arrête pour prendre un nouveau passager, je me dis toujours que c’est le dernier, mais c’est seulement quand la voiture(une petite Tzuru) semble avoir atteint la capacité maximale de 8 personnes que le chauffeur décide de ne plus s’arrêter pour embarquer de nouveaux passagers. Après une vingtaine de minute, on arrive à la centrale et Mynor, l’aimable monsieur que j’ai connu il y a peu de temps m’indique à quel autobus monter, et que je devrai descendre à San Marcos, pour prendre un autre autobus qui m’emmènera à Quetzaltenango. Je remercie Mynor et lui dit au revoir.
L’autobus dans lequel je monte parait déjà presque plein, mais plus tard, je me rendrai compte qu’il est à peine à moitié de sa capacité maximale. Au fond de l’autobus, il y a une famille de personnes blanches qui détonnent un peu de l’ensemble de Guatémaltèque. Je m’asseois près d’eux, par curiosité. Après quelques minutes, j’en déduis qu’ils sont russes et quelques minutes plus tard, lorsque le jeune homme qui s’occupe de faire payer les passagers s’adresse à eux, je me rends compte que seul le papa sait baragouiner quelques mots d’espagnols. À notre arrivée à San Marcos, près de 2h plus tard, la petite famille a l’air un peu perdue et me suit sans dire un mot, comme si elle savait que je sais où je m’en vais. Ce dernier bus qui nous emmène à Quetzaltenango est un peu plus confortable que le précédent, mes jambes et mon dos en sont bien heureux. Le bus précédent était en fait un de ses petits autobus jaunes d’écoliers que nous utilisons au Québec et que lorsqu’ils ne sont plus bon à rien pour nous, on les envoi dans des pays comme le Guatemala, Cuba, etc. Ces autobus sont biens pour des personnes de petite taille, par exemple un enfant … ou un guatémaltèque(!), ahah, mais bref, moi, je me sens un peu à l’étroit lorsque je dois me replier et tenir mes genoux près de mon menton.
Deux heures plus tard, nous débarquons finalement à Quetzaltenango. Il est 14h(j’ai maintenant ajusté mon heure à l’heure du Guatemala, qui n’observe pas le changement à l’heure d’été), je ne sais pas trop ce que je vais faire, je ne sais pas trop où je vais dormir, mais au moins je suis dans la deuxième plus grande ville du Guatemala. J’ai mis près de 5h pour parcourir moins de 200km qui me séparent maintenant de la frontière, les distances se parcourt avec beaucoup de patience au Guatemala. Les routes sont sinueuses, et les moteurs des autobus sont vieux et semblent fatigués dans les difficiles montés.
… la suite demain les amis
Posted on septembre 21st, 2009 par legrandroux
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Hugues Lacroix a quitté la ville de Québec le premier juin 2007 en ayant pour objectif d'atteindre la Patagonie, Argentine, en deux ans. Depuis juin 2007, Hugues a changé un peu ses plans; il pense toujours se rendre jusqu'en terre de feu, mais il devra y passer plus de deux ans. Il vous partage ses exploits, péripéties et autres émotions à travers son site web 


Si t’y retournes, tente d’aller jusqu’à Antigua, c’est certes de plus en plus touristique mais ça reste franchement magnifique.. si t’as carrément plus de temps : Flores et de là, Tikal (aussi) !